Les réseaux de villes s’inscrivent dans la volonté des années quatre vingt dix d’actualiser et de relancer les outils d’organisation de l’armature urbaine. D’un côté, des réseaux de villes permettent à des villes moyennes d’unir leurs forces pour atteindre un seuil métropolitain de l’autre des « chartes d’objectifs » permettent à des métropoles de se positionner dans l’espace européen et de développer leurs fonctions tertiaires internationales.
1 – Le cadre juridique
Les réseaux de villes trouvent leur fondement juridique dans les circulaires du Premier Ministre n°3678/SG du 17 avril 1991 et du 5 juin 2000.
Bien que non institués par la loi n°99-533 du 25 juin 1999 relative à l’orientation pour l’aménagement et le développement durable, les réseaux de villes s’inscrivent dans la même logique de collaboration territoriale informelle.
Cette forme de coopération entre villes et intercommunalités apparaît comme un facteur non négligeable de décloisonnement administratif où l’outil contractuel joue un rôle d’incitation. Elle consacre le principe de mise en commun des stratégies de développement dans un contexte de concurrence territoriale de plus en plus prononcée et participe à la territorialisation des contrats de plan Etat Région.
Les réseaux de villes n’ont pas vocation à se substituer aux structures de coopération locale prévues par la loi. Résultant d’une initiative de collectivités qui s’associent autour d’un programme ou de projets communs, ils ne sauraient être conçus comme une forme alternative ou concurrente à l’institution des établissements publics de coopération intercommunale, qui sont dotés de la personnalité morale pour exercer des compétences définies par la loi. Toutefois, la souplesse de la constitution et du fonctionnement des réseaux en fait un complément particulièrement utile pour le développement de l’intercommunalité.
Fondée sur le principe de libre adhésion, la démarche des réseaux de villes consiste, pour les collectivités partenaires, à coordonner leurs efforts d’équipement en arrêtant un programme de coopération. Elle permet de parvenir à meilleure complémentarité de ces efforts et, par là, à une meilleure maîtrise de la dépense publique. Elle offre la faculté aux collectivités membres du réseau de spécialiser leur action dans tel ou tel domaine d’équipement. Elle rend possible la mise en place de services ou d’infrastructures qu’une collectivité isolée ne serait pas en mesure d’assumer. Plus largement, les réseaux de villes sont l’occasion de rapprocher la diversité des partenaires locaux en leur donnant un projet fédérateur.
Les réseaux de villes sont constitués selon des modalités diverses : associations, syndicats mixtes, agences d’urbanisme, clubs d’élus,… .
2 – Typologie des réseaux de villes
a) Les réseaux de villes qui existent actuellement renvoient à trois catégories :
b) Mais d’autres réseaux de villes peuvent être accompagnés, à une autre échelle de coopération :
Pour ce dernier type de réseau comme pour les réseaux transfrontaliers, il apparaît utile de se référer notamment aux expérimentations conduites dans le cadre des programmes communautaires « Interreg » et aux perspectives de développement qui leur sont liées.
3 – Les champs d’application des réseaux de villes
a) Le développement économique et social :
b) Le développement universitaire, de la recherche et de la formation :
c) Le développement du tourisme, de la culture et des sports :
d) L’amélioration des communications matérielles et immatérielles :
e) La mise en réseau de l’offre d’équipements et de services publics :
L’identification des équipements ou services existants, l’appréciation de leurs performances en termes de fréquentation et de capacités mises à disposition des publics concernés, l’arrêt donné à la multiplication des structures similaires dans une démarche de repérage et de sélection relèvent de l’optimisation des ressources urbaines des villes.
f) L’amélioration de l’environnement :
La mise en réseau des connaissances, le partage d’expérience des villes associées et l’élaboration de programmes pour intégrer l’environnement dans les politiques de développement urbain (réduction des nuisances, prévention des risques, gestion des espaces naturels, politiques de maîtrise de l’énergie ou de développement des énergies renouvelables, chartes pour l’environnement et agenda 21 locaux, éducation et sensibilisation à l’environnement).
4 – Procédure d’élaboration des réseaux de villes
La circulaire du 5 juin 2000, contemporaine de la génération des contrats de plan État-régions 2000-2006 et de leur volet territorial, aux dispositions desquelles la circulaire se référait étroitement, précisait les conditions du soutien de l’État en distinguant la constitution des réseaux et l’insertion des projets de réseaux dans la politique contractuelle d’aménagement du territoire.
La procédure de création de réseaux de villes n’a pas été modifiée par un texte ultérieur mais si de nouvelles candidatures de réseaux devaient intervenir à partir de 2007, les modalités d’un accompagnement financier par l’État serait à redéfinir au vu de la nouvelle génération de contrats de projets État-régions 2007-2013. À ce jour, aucune demande de création n’est en cours d’instruction dans les services de l’État.